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25 juin 2012 1 25 /06 /juin /2012 17:19

En 2011, au cours de nos visites dans les villages, les femmes nous ont fait part de leur manque de locaux pour exercer leurs activités. En effet, de nombreuses femmes de la Communauté Rurale travaillent dans le GIE (Groupement d’intervention économique) de transformation de fruits et légumes. Elles ont suivi une formation pour la fabrication de confitures et de jus de fruits. Un autre groupe fabrique des savons .Dans le souci de transmettre leur savoir aux autres femmes de la CR, Les femmes se sont unies par village, et fédérées en Association de la CRO. Certaines femmes s'occupent de la fabrication des savons, et d'autres de la transformation des fruits. Il y a au moins une représentante de chaque catégorie par village. Les femmes avaient donc, en 2011, exprimé le voeu de construction d’un local pour la fabrication des confitures et savons. Devant leur motivation nous avons étudié la faisabilité de cette construction.

En février 2012, une réunion a permis de rencontrer des représentantes de chaque village compte-tenu de l’importance du projet et nous avons partagé leur joie en leur présentant les plans et le descriptif de ce bâtiment. L'idée du plan de ce local est qu'il faut séparer le côté "fruits" du côté "savons". image002

Les femmes se sont empressées de nous montrer le terrain qui leur est attribué pour construire ce bâtiment à l'entrée de Djiguipoune à proximité d'un puits équipé d'une pompe manuelle. Nous attendons le document officiel formalisant l'attribution du terrain et nous lancerons la demande de prix aux entreprises locales. Un bon déroulement des procédures permettrait d'inaugurer cette réalisation au cours de notre séjour 2013. Il faut savoir que les femmes travaillent depuis des années à Djiguipoune, dans un local sans portes et fenêtres et pas du tout adapté. P1100319

Elles officient avec du petit matériel, qu'elles doivent transporter. Les femmes vont faire la liste du matériel manquant, si possible avec le montant, pour que nous puissions prévoir un budget. Après la construction d'un local, et l'acquisition de matériel adapté, elles pourront étendre leur commerce au-delà de la CRO.

Femmes au travail

Elles ont des ressources avec des produits qui se conservent très longtemps, comme la poudre de pain de singe, fabriquée à partir de la pulpe tamisée. Elles font également de la marmelade de banane et de papaye. Côté quantité, elles sont en mesure de produire 60 litres de jus de bissap en 3 jours et la même quantité pour le jus de gingembre. Mais elles ont des problèmes de conservation. Elles écoulent donc leur marchandise, et recuisent une nouvelle production pour éviter la rupture de stock.

Quant à la commercialisation, elle se fait sur place, lors des fêtes. Les femmes se déplacent vers les villages en fête. Par exemple, l'an dernier, il y a eu une grande foire à Bignona. La 1ère fois, la vente n'a pas été très rentable, mais la 2ème fois, elle a été plus lucrative parce que les acheteurs connaissaient un peu leurs produits. Un agent de l'AJAK (Association des jeunes agriculteurs des Kalounayes) tient les cahiers. Des jeunes, dans chaque village, accompagnent les femmes. Elles font des bénéfices. Quand elles vendent beaucoup, elles peuvent faire 25000FCFA de bénéfice (le sucre coûte entre 20000 et 25000 F le sac). L'argent est versé sur un compte. Une partie sert pour la restauration lors des réunions, le transport des femmes, l’achat du matériel (pots + lessive + sucre). L'association compte 3 femmes par village, Ouonck a 4 femmes.

Pour la fabrication du savon, il faut de l'huile de palmiste ou de l'huile d'arachide ou de l'huile de palme, de la soude caustique, du carbonate, des teintes artificielles, des parfums et un peu de sel. Il faut faire un mélange à chaud avec 4 litres d'eau, laisser refroidir, ajouter 6 l d'huile. On obtient 21 savons, à 250FCFA/savon. 20 l d'huile d'arachide coûtent 15000FCFA à Ziguinchor. Les villageoises préfèrent le savon local (=2 lessives) au savon de boutique (= 1 lessive).

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Mais, compte tenu du prix des matières premières, est-il rentable de se lancer dans la fabrication de savon ? Ne risque-t-on pas d'investir à perte ? Les femmes pensent qu'avec de bonnes conditions de travail, elles pourront fabriquer davantage, donc acheter les matières premières en plus grande quantité, d'où un coût plus bas qu'actuellement. En tout cas, pour que les comptes soient clairs, la trésorière pour les savons est différente de la trésorière pour les fruits.

En somme, des femmes organisées aux projets ambitieux et prometteurs !



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